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psypelard.fr

 Sylvie PELARD

Psychanalyste

Psychothérapie analytique

Adultes - Adolescents - Couples

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ActualitéVous trouverez dans cette page quelques réflexions, du point de vue du psychanalyste, provoquées par des évènements de l'actualité. Il ne s'agit pas d'un commentaire journalistique. Je n'exprime là que les idées que m'inspirent les informations délivrées dans la presse, en espérant tout simplement vous les faire partager.

LYHANNA : LA MÉCANIQUE D’UN ÉCHEC

le 17/06/2026

Le meurtre d’une enfant est toujours, dans l’opinion publique et les médias, un évènement traumatisant. Les sentiments les plus divers s’expriment : la tristesse, la haine, l’indignation, la colère...

Quoi qu’il en soit, il faut désigner un (des) coupable(s). Lorsque le meurtrier est inconnu c’est lui qui fait l’objet de toutes les passions et la foule attend avec impatience que la police lui désigne le coupable. Lorsque l’auteur des fait est connu (qu’on appelle dans une sorte de langage codé « le présumé innocent »), le regard se tourne alors vers d’autres cibles : les forces de police, la justice, le gouvernement.

Les politiques sont évidement les premiers à s’exprimer. Ceux qui sont ministres expliquent comment on fera demain ce qu’on n’a pas su faire hier. Ceux qui voudraient être ministres accusent les premiers d’avoir fauté et déclarent que s’ils avaient été aux affaires ça se serait passé autrement. Et chacun d’énoncer le moyen infaillible d’empêcher ce genre de crime : Yaca, ifocon, on aurait dû !

Et les citoyens emboîtent le pas de leur politique préféré. Comme nous sommes des gens bien élevés nous exprimons notre compassion envers la famille. C’est bien, mais a-t-on entendu un mot sur les souffrances endurées par l’enfant ?

« Indignez-vous » écrivait Edgar Morin. C’est une façon, pour chacun d’entre nous, de crier notre souffrance devant l’insupportable et de désigner des responsables pour nous rassurer. Est-ce que remplacer un ministre par un autre va améliorer les choses ? Probablement pas. La seule certitude que nous avons est que le système judiciaire a dysfonctionné et que ce n’est probablement pas la première fois. Entre la première prise de plainte par un OPJ et le procès final il y a mille et une causes d’échec. Certaines sont d’origine humaine (manque de formation aux différents étages), d’autres sont financières (budget insuffisant) et peut-être une loi mal adaptée.

Tous ces éléments doivent être traités et corrigés et cela prendra du temps. En attendant que fait-on ?

- D’abord, n’oublions pas que le coupable est avant tout celui qui a commis le crime et que, sauf exception, il est responsable de ses actes. Cela n’exonère pas la responsabilité des acteurs de la chaîne judiciaire, mais il est important de le dire.

- Nous devons être vigilants. Ce n’est pas parce que nous confions notre sécurité à l’État que cela nous dispensent d’être prudents et attentifs. Le moindre évènement doit attirer notre attention et éventuellement être signalé. Cependant, même si le fonctionnement des institutions était parfait, nous devons collectivement être vigilants. Ce n’est pas parce que la police veille et arrête les voleurs qu’il faut laisser sa maison ouverte.

- Les personnes chargées de s’occuper d’enfants doivent être évaluées avant l’embauche mais aussi pendant toute leur carrière (On contrôle bien les pilotes d'avion!).

- Mettre en place la prévention. Cela passe par un changement de mentalité de beaucoup d’entre nous : il faut toujours croire ce que dit un enfant ; il faut, très tôt, apprendre aux enfants à être prudents et à signaler tout évènement inattendu ; l’éducation des enfants, et notamment des garçons, doit aborder ce sujet de façon précise.

On pourrait ainsi énumérer des quantités de choses à faire où à ne pas faire pour éviter ces crimes.

Il y aura toujours des pédocriminels. Il est évidement indispensable que chaque acte pédocriminel soit sanctionné sévèrement mais c’est en amont qu’il faut agir : rechercher et détecter les criminels, notamment sur les réseaux sociaux fréquentés par les enfants (c’est le rôle de la police), et apprendre aux enfants à être prudents lorsqu’ils sont approchés par des adultes. La difficulté vient également du fait que le criminel est rarement un rôdeur inconnu mais plutôt un proche qui inspire confiance et qu’on connaît bien.

Apprendre la prudence aux enfants est une bonne chose mais encore faut-il que les adultes soient eux-mêmes convaincus de la nécessité de cette vigilance qui doit s’exercer de façon permanente. Il ne s’agit pas non plus de se méfier systématiquement de votre voisin parce qu’il sourit aux enfants.

Alors, oui la société doit protéger les enfants, mais cela ne dispense pas chaque citoyen de participer à cette protection. Notre pays n’est pas le meilleur du monde dans la lutte contre la pédocriminalité. Mais ce n’est certainement pas en changeant un ministre ou en sanctionnant un magistrat qu’on aura de meilleurs résultats. Il s’agit d’un phénomène de société qui doit être appréhendé par l’ensemble des acteurs agissant dans ce domaine, qui pourront dire aux politiques quelles sont les actions efficaces à entreprendre.

Pour terminer, je voudrais dire que les professionnels de santé doivent être extrêmement vigilants quand ils sont amenés à prendre en charge des enfants qui pourraient être des victimes de maltraitance. Le code de déontologie des médecins prévoit l’obligation de signalement. Pourtant, il y a quelques années, une pédopsychiatre s’est vu infliger une interdiction temporaire d’exercice par l’Ordre pour avoir violé le secret professionnel en signalant une suspicion de maltraitance à la justice. Il lui aura fallu aller jusqu’au Conseil d’État pour faire annuler cette sanction.

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